À Propos de moi

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pascale_cashDurant mon enfance, j’ai vécu à la campagne sur une petite ferme. Nous avions plusieurs animaux tels que des poules, canards, moutons, colombes, tourterelles, lapins, pintades, chevaux, cochons, chats et chiens. Je pouvais jouer autant avec les animaux de la ferme qu’avec les couleuvres et les grenouilles. Les gens qui me connaissaient bien disaient:  »Ah oui ! Tu es la p’tite Desruisseaux, la p’tite fille aux bibittes ! ».

Durant les jours de pluie ou de tempête de neige, je passais la plupart de mon temps dans la ferme avec les animaux, et durant les journées d’hiver, je me faisais un igloo que je partageais avec mon chien. Je pouvais rester avec eux pendant des heures à les observer.

Ma passion envers les chiens a toujours été très forte. Je suis une amoureuse des animaux de la nature.  J’ai eu plusieurs chiens de races différentes dans ma vie. Durant mon enfance, à chaque année, j’allais voir les compétitions d’obéissance à Sherbrooke. La complicité entre le chien et son maître me passionnait à tel point qu’à 14 ans, je me suis inscrite à un cours d’obéissance, un cours avancé ainsi que le rapport d’objet avec mon chien. Au fur et à mesure que j’avançais dans mon apprentissage,  j’essayais différentes écoles d’obéissance pour approfondir mes connaissances et je suis vraiment devenu accro. J’ai poursuivi avec l’agilité et maintenant, je fais du Freestyle. C’est pour moi une passion et un privilège de travailler avec les chiens et de voir leur évolution.

 

Voici deux expériences qui ont renforcées mon amour pour les chiens et qui m’ont permis de découvrir la psychologie canine.

Première expérience, mon Husky

Comme bien des gens, moi aussi mon premier chien était loin d’être bien éduqué. Il avait de sérieux problèmes de comportement. Dans mon enfance à la maison, les chiens vivaient à l’extérieur, et un en particulier était un mâle non stérilisé de race Husky attaché à sa niche. Mon chien était très sociable avec les humains, mais lorsque nous le détachions et que nous avions le malheur de ne plus lui apporter de l’attention, et oui, il partait à l’aventure ! Il sortait à l’extérieur du terrain et il revenait quelques heures plus tard. De plus, il grimpait les gens, il mangeait les œufs de canard et il pourchassait les canards jusque dans le lac! Un jour, pendant qu’il grugeait son os, je me suis approché de lui pour le flatter et il m’a mordu au visage juste à côté de mon œil.

Deuxième expérience, le chien du voisin

Mon voisin avait un garage de mécanique. Il s’est fait vandaliser deux fois en peu de temps, donc il a décidé d’adopter un berger allemand pour protéger son garage. C’était leur premier chien et il le laissait dans la partie bureau du garage. Je leur rendais souvent visite, car je jouais avec leur fille qui avait à peu près mon âge. Quand je passais à coté du bureau, vue mon intérêt pour les chiens, je ne pouvais m’empêcher de jeter un œil sur lui, car il était tellement beau. Ce pauvre chien était confiné dans le bureau comme un chien de garde, non sociabilisé. Il se mettait à japper à chaque fois que quelqu’un passait à côté du bureau. Il devenait agressif, car le bureau était sa possession. C’était à lui. Il faisait continuellement peur aux clients, mais c’était ce que le propriétaire voulait, un chien de garde, mais malheureusement il n’avait aucune expérience avec ce type de chien. Il voulait seulement un système d’alarme qui mord et qui fait peur.

À toutes les semaines, j’allais chercher du lait chez le voisin d’à côté. Un jour, j’y suis allé et quand je suis revenu pour traverser le chemin pour retourner chez moi, je me suis aperçu que son chien était dehors, libre, sans surveillance. C’est alors que je me suis mise à avoir des frissons jusque dans le dos. Ma première intension était de me dépêcher à traverser le chemin pour l’éviter. Quand le chien m’a aperçu, il s’est mis à courir après moi et m’a suivi jusque dans ma cour, il a déchiré mes bottes de pluie et m’a attrapé la jambe avec sa gueule et par la suite, m’a ouvert la cuisse avec ses crocs. Lorsque mon père m’a entendu crier, il est sorti à l’extérieur et quand le chien a aperçu mon père, il s’est sauvé chez lui. À la suite de plusieurs autres évènements semblables, le propriétaire a du se départir de son chien.

 

Mon cheminement

À la suite de ces expériences, c’est à l’âge de 20 ans que je suis allée à Montréal dans le but d’obtenir mon diplôme de toilettage afin de réaliser mon plus grand rêve, qui était de travailler avec les chiens.

Maintenant, j’exerce ce métier depuis 17 ans et au fil des années j’ai appris à reconnaître les différents tempéraments et donc de pouvoir travailler avec des chiens soumis, nerveux,
insécures, dominants, agressifs et même avec ceux qui ont déjà eu de mauvaises expériences avec d’autres salons de toilettage dans le passé. Et oui ! Durant ma carrière de toilettage, il m’est arrivé à quelques reprises de me faire mordre par ces différents types de chiens. Parmi ceux-ci, il y avait des chiens rois qui étaient humanisés par leur maître et j’ai du apprendre à ajuster ma méthode de travail avec chacun afin d’entreprendre un lien de confiance.

Vue ma grande passion envers les chiens, je sentais le besoin d’approfondir mes connaissances pour en savoir plus sur la psychologie des chiens afin de comprendre leur comportement. C’est alors que j’ai décidé de suivre une formation d’éducatrice canin que j’ai réalisé et ce à quoi, avec fierté, que je suis diplômé! Maintenant, je peux comprendre pourquoi mon chien husky avait ses comportements indésirables. J’ai réalisé que ce n’était pas nécessairement lui le problème, mais plutôt un manque d’information et de connaissance que nous n’avions pas auparavant. Le husky est un chien de travail de nature, mais bien sûr, attaché à sa niche, il manquait d’exercice et n’était pas stérilisé. Un chien non stérilisé vivra beaucoup de frustration car il ne peut se reproduire et sa frustration sera encore plus grande avec une sédentarité quotidienne. En plus de voir les animaux de la ferme se déplacer libre devant lui, cela ne faisait qu’activer et développer son instinct de proie. Mon chien était en plus de nature dominant.

Au moment où j’ai voulu le flatter, puisque je ne connaissais pas les signes de son langage corporel, son corps s’est raidi. Il a donc arrêté de gruger son os, en le gardant dans sa gueule et tout en me jetant un regard de côté pour m’avertir que je n’étais pas la bienvenue et que je rentrais dans son espace. Pour protéger son os, il aurait présenté les mêmes signes face à un autre chien, car c’est leur langage d’instinct. C’était un avertissement. Je n’étais qu’une enfant qui aimait son chien et je n’avais pas conscience des conséquences qui pouvaient m’arriver. Quand je l’ai flatté, il m’a corrigé en me mordant au visage de la même façon qu’il l’aurait fait à un autre chien. Malgré cet évènement, je ne lui en ai jamais voulu. À partir de ce jour, j’ai pu comprendre l’animal en lui avant même sa race et son nom. C’était lui le chef de meute, car nous lui avons laissé l’occasion de l’être sans nécessairement s’en rendre compte. Après ce jour, je me suis mise à l’analyser et il ne m’a jamais remordu par la suite. J’ai donc appris à respecter son espace lorsqu’il avait un os.

Réflexion

Aujourd’hui, je comprends aussi le comportement du berger allemand de mon voisin. En résumé, il a grandi dans un bureau, non sociabilisé des humains à part sa famille. Son maître le conditionnait à être une machine à tuer. Il a aussi fait sortir en lui son instinct de prédateur, car il ne faisait aucun exercice et il le conditionnait à toujours surveiller le bureau. Ceci le rendait agressif et frustré. Malgré le fait qu’il m’a déchiré mes bottes et ma cuisse et qu’il m’a fallu plusieurs points de sutures, jamais je n’ai pu lui en vouloir vue mon amour pour les chiens. Je comprends aujourd’hui que ce n’était pas la faute du chien, mais plutôt un manque de connaissance venant de ses maîtres. Ce chien m’a fait évoluer lui aussi.

Les chiens ont beaucoup à nous apprendre. Ils ressentent beaucoup notre énergie. Il est impossible de cacher nos émotions à un chien. Il ne faut surtout pas oublier leur propre besoin et surtout, respecter leur nature ainsi que de les aimer pour ce qu’ils sont, en tant que chiens, pour qu’ils soient équilibrés et de bons citoyens canins.

Tout en les observant au fils des années, ils m’ont enseigné leur instinct, leurs règles, leurs limites, leurs énergies, leurs langages corporels et la hiérarchie. Ils m’ont aussi appris à être patiente, constante et le plus important, être un chef de meute pour qu’ils soient bien équilibrés. Pour moi, c’est un défi, une passion, un privilège de travailler avec les chiens et mon but est de vous aider à comprendre leurs besoins et leurs comportements.